Moonrise Kingdom
L’aventure Andersonienne nous emmene dans les sillons d’une Amérique, une nouvelle fois, dans un univers maitrisé comme jamais, pas un génie créatif comme on en fait plus. D’un style estival, ce Moonrise Kingdom offre les couleurs, les puzzles, l’ébauche de plusieurs vies, mais surtout celle d’un amour naissant entre pré-ado. Une romance qui aura pour fond une terrible bataille pour la survie…de couple et la fugue adolescente.
Anderson nous offre la naïveté, le courage, et, rare dans son cinéma, une force de beauté dramatique en toute fin (Bruce Willis y incarne d’ailleurs peut etre son meilleur role depuis longtemps). Loin de brulôts Bobos indépendants, on se plait à imaginer que les faits sont averer, et que la présence de cette petite communauté dans les années 60 existait réellement. Mais la féerie dure un temps, et le fourmillement de petits détails qu’offre Wes Anderson nuance avec l’esprit méthodique de ses personnages.
Si il s’aligne d’avantage vers une Vie Aquatique plutot qu’un Darjeling, le film reste une oeuvre singulière et audacieuse, bien loin des photographies et des scores banaux que nous offrait encore le cinéma indépendant ces deux dernieres années.
Coloré, interessant, puissant et cool.
9/10
Dark Shadows
Tel une ombre au tableau de la filmographie burtonienne, le cinéaste à la chevelure electrifié nous offre l’une de ses plus experimentales oeuvres, catapultant son cinéma étrange à une vision plus “funky”.
Bien qu’orné d’un casting étoilé, le contenu n’est qu’un conte alambiqué d’une certaine insipidité quant à l’histoire qui perd son souffle au bout d’une vingtaine de minutes. Peut-être que l’effet de foule allourdit la poursuite de l’action, mais pour la première fois, Tim Burton a l’air de vouloir que le spectateur se delecte de l’interprétation de son Freak préféré, J. Depp, qu’à la poursuite de la narration.
Un acte noble mais dommage en de nombreux points, optant pour la connotation ultra-sexuelle, contrasté par la noble écharpe se posant sur une histoire pourtant sombre, mais les lumières du gothisme ne se mélange guerre et laisse un gout trop surprenant pour ne pas apprécier les effluves visuelles offertes par le créateur.
Un fin un peu expédiée mais rattrapant l’effort rencontré dans son Sweeney Todd ou Noces Funèbres, qui aurait largement pu gagner en rythme. Un film toutefois interessant, puisqu’il complète son oeuvre d’une pointe de cran et d’une plume un peu plus interessante qu’à l’habitude.
Interessant, mais pas le meilleur Burton
6/10
La Cabane dans les Bois
A l’image de son affiche et de toute la complexité que la forme offerte à nos yeux nous demandent de comprendre, le film La Cabane dans les Bois fonctionne de la même façon. Nourri par l’esprit de deux hommes d’exceptions dans le paysage médiatique américain : d’une part Drew Goddard, scénariste de la série LOST et de l’excellent Cloverfield, passant à la fois au scénario mais également à la réalisation, ET Mr. Joss Whedon, heureux papa du très récent Avengers, et créateur de séries telles que Buffy, Angel et autre Firefly.
Içi, ils s’attaquent à l’Autre coté de la geekitude, celle des films de genre. Puissamment orchestré par différents rebondissements visuels, l’oeuvre est faite justement pour provoqué la peur et la tension, avec cette attrait spécifique à se jouer du spectateur. Les clichés du genre, les références autres films d’horreur, les personnalités des héros : tout est là, tout est présent pour nous montré ce que l’on a déjà vu ailleurs.
Le plus : ses scénaristes, ou plutot, les manipulateurs derriere ce qu’on voit. Et c’est là que l’importance du film est de mise : on se complait à être remuer visuellement, pendant une excellente premiere partie, en se moquant du genre en lui-même, et en épatant l’histoire d’humour noir et d’éléments contradictoires. Arrivant presque à merveiller une seconde et derniere partie, révélant, à l’instar de tout ce qui est ou à été connu depuis la naissance du film d’horreur, une puissance créatrice qui ne saurait être repoduite.
D’Evil Dead, à Cube, en passant par La nuit des morts vivants à Vendredi 13,l’amusement a repéré les références vont bons trains et l’enclos dans lesquels nos yeux sont enfermés révèle alors une révélation quasi-mystique, qui apporte un souffle nouveau au genre.
D’une acidité propre à l’horreur, mais n’ayant pas la prétention de s’ériger comme tel, l’oeuvre nous ait offerte par des acteurs en devenir (on reconnaitra Chris- Thor -Hermsworth), mais formé par une seconde équipe dont la curiosité est aussi efficace que dans un épisode de Lost (les rôles respectifs de Bradley Whitford et Richard Jenkins sont d’une inventivité unique).
Whedon et Goddard prouvent qu’une idée de scénario affectionnant surprises, drame et action, ne peut se complaire à laisser passif le spectateur. Il est possible d’observé une assimilation fervente à l’oeuvre de David Fincher, The Game, où le controle de la situation est l’objet de convoitise de la trame narrative, jusqu’à ce qu’un personnage dont on attendait rien, découvre lui-même les rouages.
Mais içi, on se trouve dans un cas unique de film montrant surtout une intelligence d’écriture, donnant à l’horreur sa place oubliée ou entichée d’une enorme étiquette dans le paysage cinématographique.
Un climax exceptionnel et un mystère épic, donnant l’envie pressante de revoir le film. Un film puissant et rafraichissant. Peut-être le meilleur film de genre depuis longtemps.
10/10
The Avengers
La réunion de Super-héros était sur toutes les bouches depuis des années à Hollywood, profitant ainsi de la montée en puissance de nouveaux films tels que Thor ou Captain America pour alimenter l’idée de pouvoir enfin créer le film “monument” qui ravira les plus Geeks. Et ça fonctionne !
Donnant un souffle épic aux différentes franchises Marvel en imaginant déjà un cross-over dans les comics ; sur grand écran, l’objet est minutieusement maitrisé. Fantasmant sur la cohésion des héros poids lourds, les Vengeurs auront pour unique mission de sauver la Terre d’une invasion aliens menée par le frère de Thor présumé mort, Loki.
Il est certain que le spectateur lambdas n’ayant rien vu, ni retenu des autres films Marvel ne comprendra l’immense apport de références aux Comics ainsi qu’aux personnalités de chaque héros, toutes maitrisées et ayant une importance prononcée, ne laissant personne sur le carreau. Mais la facilité que Josh Whedon arrive à offrir, étonne d’un spectacle bourré de scènes d’actions, d’humour grinçant et de mouvements cinématographiques incroyables (plans séquences plutot sympathiques, multiples contre plongées, etc…) pouvant alors rétablir cette légère balance entre la découverte d’une oeuvre et les suites de films.
L’importance théorique se trouve dans sa sous lecture, arpentant plus une allégorie sur la grandeur des choix et les sacrifices que peuvent faire les hommes à certains moment cruciaux. Le respect de la vie est, dans The Avengers, plus developpé que dans n’importe quel autre film adapté, et Whedon arrive à donné une fidélité propre à des seconds rôles, dont l’importance est désormais de mise dans cette réunion, tel que le personnage de l’agent Coulson, régulier dans les films Marvel.
Des personnages hauts en couleurs, respectant une logique entre eux, connectant chaque histoire personnelle autour d’une seule et même trame narrative. La connexion se fait véritablement bien, et qu’il s’agisse de la veuve noire ou Hawkeye, même les héros qui n’ont pas eu leur film parviennent à extirpé une forme propre, comme si le besoin d’avoir leur propre film n’était pas nécéssaire.
Mark Ruffalo A.K.A. Hulk (reprenant le rôle d’Edward Norton) se rapproche plus que ce-dernier du personnage, collant réellement avec la crédibilité que l’on s’en fait. Il est surement le plus integre et le plus interessant des personnages, bien qu’à partir de liens entre eux, la forme humaniste que developpent Thor et Captain America dans leurs éthique, Iron Man avec le sacrifice, et Hawkeye & la Veuve noire dans leurs relations emparent l’oeuvre de ce dont elle a besoin pour se soulagé d’une pensée plus altruiste.
Un 3D qui ne fonctionne pas vraiment, donnant un leger effet de profondeur, mais le tour de force restera son histoire et ses effet spéciaux, faisant de The Avengers un bijou du cinéma d’action.
9/10
Aux Yeux de Tous
Outre l’importance que le thriller a dans le paysage cinématographique ces-dernières années, Aux Yeux de Tous offre une nouvelle perspective en matière de vision périphérique de l’action.
Jonché par la vision de multiples caméras de Surveillance, un hacker d’Anonymous va traquer les responsables d’une attaque terroriste en Gare d’Austerlitz. Grâce à son lot d’écran et de matos, ainsi que ses relations, il tentera de déceler le moindre fait que tente veinement de cacher les “terroristes”.
L’aspect Big-Brother n’est plus un phénomène à part. Depuis Une souris Verte en 2003, en passant par Millénium en 2009 puis 2011, la présence mystérieuse et menaçante du voyeurisme est de plus en plus présente, amenant alors l’efficacité dont joui l’outil numérique : nous faire ressentir ce que notre hacker nous montre.
D’une férocité redoutable dans son écriture et dans le montage éléctronique que nous offre Cedric Jimenez, l’angoisse reste permanente pour une histoire qui gagne en crédibilité à mesure que les personnages s’embourbent dans leurs mensonges et leurs non-dits.
Mais une certaine férocité politique se dégage en fin de scénario, rapprochant clairement (coïncidence ?) avec l’actualité : la mise en forme d’une couverture médiatique axée sur la peur pour accroitre sa popularité au cours de prochaines éléctions. Le film tire miraculeusement une sonnette, exploitant une réfléxion cyber-politiques qui laisse le spectateur médité en sortant de la salle.
Une conclusion épique et efficace qui laisse de marbre, et le sentiment d’avoir été scotché 1h20 tel un agent de sécurité dopé à la sauce 24h Chrono.
8/10
Young Adult
Une perte de vitesse comique se profile pour Jason Reitman, qui nous avait pourtant offert les rires et la bonne humeur d’un Thank You for Smoking et l’incroyable bonne humeur de Juno. En effet, plus sec et frontal que ses précédentes oeuvres, l’ovni dramatico-cynique qu’est Young Adult ne se réduit qu’à une amere sphère ne s’engageant dans rien et n’explorant aucun univers.
Le pitch pouvait séduire, faisant revenir l’ancienne garçe du lyçée dans son bled paumé, afin d’y retrouver l’ancien amour de lycée. Puéril, mais sous la plume de Diablo Cody le reste est cyniquement sarcastique.
L’angle est étonnant pour un duo qui nous avait fait du bien il y a bientot 5 ans, et pourtant, la décrépitude d’une personne peut prendre le relais sur une version limite quadra un peu perdue. Certes, la nouvelle experience qu’elle vivra lui ouvrira les yeux et la quete initiatique sera effectuée mais il reste cette martyrisante période pendant laquelle Mavis, l’héroïne sera jugée et socialement déroutée par cette communauté qui, un jour, l’avait vénérée.
Charlize Theron reste convaincante, la révélation finale se veut crédible…mais…on reste avec un gout amer dans la bouche, comme une vengeance non aboutie.
Pas mal mais pas essentiel.
6/10
Target
Les comédies d’action représentent l’artifice même de l’Hollywood d’aujourd’hui, copiées sur les clichés ressentis des années 80 et autres Buddy-Movies (L’arme Fatale et Le Flic de Beverly Hills pour ne pas les citer). Target rempile dans la veine du duo d’amis qui, après qu’un élément “détourneur d’attention” fasse son apparition, ne le seront plus longtemps. Lorsqu’une charmante et jolie blonde vient se mettre entre eux, la guerre est déclarée.
L’alchimie prend forme et les coups de gueule contre les coups de coeur vont bon train, mais le clippeur épiléptique qu’est McG enchaine la réalisation de péripéties attendant patiemment que l’élément narratif vienne sortir du lot le film. Appuyer par des gags comiques se multipliant, le rythme plait et fait en sorte que la dose de divertissement atteigne un excellent niveau.
Mais le scénario semblerait etre l’un des gros défaut du film, plus gonflé au bubble-gum qu’à la verve d’un Very Bad Cops.
En effet, la C.I.A. n’est qu’un rempart scénaristique à la volonté du cinéaste d’exprimer les attaques personnelles entre les deux héros, plongeant alors dans un univers inaccessible et peu crédible. Le fond de l’histoire (étrangement basé sur la vengeance personnelle) n’apporte pas la dose d’action espérée mais relate d’une volonté anti-poseur à s’arreter uniquement sur l’alchimie du trio.
Peut-etre trop prévisible mais dont les gags gardent une energie débordante, Target est le film dégageant un noyau dur d’humour, faible d’action, et pronant moyennement une conclusion sentimentale.
Agréable.
6/10
Projet X
Si les Etats-Unis offrent, le plus souvent, son lot de films d’horreur réalisés en Found-Footage ou caméra Amateur, le style s’exporte vers la comédie grinçante et cynique avec cette immersion dans le No-limit et la débauche totale. Bienvenue dans Project X.
Relatant les 24h de la vie de 4 lycéens, Thomas, Costa, JB et Dax (le caméraman) qui organiseront une soirée qui, à leur insu, dépassera toutes les limites en devenant le terrain anarchique d’une jeunesse en proie à l’excès. Prenant des proportions inquiètantes et, toujours sous l’oeil de différents points de vue (comme récemment Redacted de de Palma ou Chronicle de Josh Trank), le film s’aventure dans un cauchemar urbain, en proie aux désillusions et à l’éxagération.
Bien que la fête possède une energie rare qui puise alors dans les ressentiments adulscents post-11 Septembre, le film sort la tête de l’eau grâce à l’alchimie des personnages qui, entre eux, sombre rapidement dans une sorte d’amitié nébuleuse. Bien que le contraste ne soit pas aussi fort que celui de Supergrave, l’exploration de chacun donne une puissante frénésie crédible, où les clichés du teenage Movie se reveilleront.
L’homme à la caméra, Dax, sera un personnage des plus interessants. Tel un Silent Bob amateur (c.F. : Clerks), il ne parlera que pour aider des gens qu’il ne connait que trop peu et s’averera le personnage le plus théoricien du film. S’inspirant des déboires de l’australien Corey Worthington, qui avait deffrayé la chronique en 2008 pour avoir organisé la soirée la plus trash de l’histoire, le film fait peur, rire mais témoigne d’un manque à la popularisation, une forme déjà-vù et hommage à la génération de 18-25 ans.
6,5/10
Possessions
Avec Le Fils de l’épicier, Eric Guirado avait déjà semé les grains du succès et de la popularité en offrant au paysage français, un véritable hymne à sa campagne, riche en paysage et en histoire. Une histoire singulière, filmé de matière quasi-documentaire. Pour un enfant du pays, la connaissance des lieux et la construction d’un scénario sur basant sur la déstruction familiale, Eric Guirado offrait le premier Feel-Good Movie Français.
Réalisant un superbe court-métrage basé sur un drame personnel, en 2009, il revient cette année avec Possession(s), thriller esthétique dont le scénario s’appuie sur un fait divers ayant défrayé la chronique en 2003. Basé sur une histoire criminelle survenue dans la région d’Annecy, le film relate la disparition d’un promoteur immobilier, de sa femme et de leurs trois enfants. Mais Guirado sait déjà comment amené son film.
Tel un vif acte de foi, il retourne sur son territoire qu’il capture parfaitement, et amène les tensions à monter de plus en plus entre ces deux familles, l’une riche, l’autre modeste. Le regard se pose alors sur le duo Renier / Depardieu, véritable “intrus” dans un monde féérique, vantant les mérites de ce qu’ils n’ont pas. Un conte de fée moderne s’installe, la fascination devient une obsession, et leur situation un cauchemard qui prendra beaucoup trop d’ampleur.
Un film, d’une puissance visuelle rare, qui met l’accent également sur l’innocence et la perte de repères. Guirado connait les lieux mais l’histoire, il la traite d’une façon brut, la violence en off, et la véritable beauté, elle, est filmée. D’instants féériques, on passe à des excès de colère, de violence. une phrase revient : “Tous les élément les prédéstinait à faire ça”.
Un thriller remarquablement réalisé, un duo principal vivant et crédible, un second duo trop effaçé.
8/10
John Carter
Adaptation de l’oeuvre centenaire Une Princesse de Mars d’Egard Rice Burroughs, John Carter, étant passé par la case Comics il y a fort longtemps, se voit doté d’une adaptation cinématographique d’une certaine puissance visuelle et émotionnelle.
L’histoire conte l’aventure d’un soldat confédéré, déserteur, en proie aux remords d’avoir abandonné sa défunte famille, un jour de pluie. Fatigué de fuir, de vivre le coeur vidé et la tête pleine de volonté à trouver un trésor d’or, John se retrouvera contre son gré, propulsé sur Mars, où une nouvelle vie l’attend.
Arpentant les standards Disney mêlant action, science-fiction et manque de sérieux, la perte recentrera toujours le drame dans le sillon de la narration. Une véritable marque de fabrique que son créateur Andrew Stanton avait déjà signé son Wall-E. La vision de l’inconnu, de la survie mais surtout de l’entraide sera les éléments narratifs soulevant la crédibilité de l’univers que nos yeux ont la chance de voir. Un autre monde non-différend du notre, ainsi qu’une véritable chance de pouvoir redonner à l’oeuvre sa place d‘“Origine” dans la chronologie science-fictionnelle.
Andrew Stanton réussi mieux que son comparse Brad Bird (MI4) à la passation de PIXAR au film Live, ayant réussi une parfaite direction d’acteurs pour un film pourtant très conventionné à la base. L’entertainment Disney laisse place à l’émotion d’un réalisateur pour une histoire d’enfant emerveillé, la magnifique musique de Michael Giacchino appuyant alors cette demande.
Inspiration d’Avatar, Star Wars, et autre oeuvre vidéoludique, l’histoire peut avoir été adapté avec trop de rapidité et de manque de sérieux, blessant peut-être les fans, mais ouvrant un univers aux novices. Un “Barsoom” s’ouvre à nous, on souhaiterai limite y vivre.
9/10